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Appels à intégrer le Liban dans la trêve après de meurtrières frappes israéliennes
information fournie par AFP 09/04/2026 à 12:59

Des secouristes utilisent une pelleteuse pour dégager les décombres sur le site d'une frappe aérienne israélienne la veille, dans le quartier de Tallet al-Khayyat, à Beyrouth, le 9 avril 2026 au Liban ( AFP / Ibrahim AMRO )

Des secouristes utilisent une pelleteuse pour dégager les décombres sur le site d'une frappe aérienne israélienne la veille, dans le quartier de Tallet al-Khayyat, à Beyrouth, le 9 avril 2026 au Liban ( AFP / Ibrahim AMRO )

Les appels se multiplient jeudi pour intégrer le Liban dans la trêve conclue entre l'Iran et les Etats-Unis, et aussitôt mise à rude épreuve par des frappes israéliennes sur Beyrouth d'une violence sans précédent en cinq semaines de guerre.

Ailleurs dans la région, le cessez-le-feu, entré dans sa deuxième journée, apporte une certaine accalmie, aucun bombardement n'ayant été signalé ces dernières heures en Iran ou dans le Golfe.

A Téhéran, des milliers d'Iraniens se sont rassemblés pour marquer le 40e jour après la mort de l'ancien guide suprême Ali Khamenei, tué le 28 février par une frappe israélo-américaine marquant le début d'une guerre qui a fait des milliers de morts et secoué l'économie mondiale.

En Israël, lieux saints et écoles ont pu rouvrir, avec la levée de la plupart des restrictions liées à l'état d'urgence.

Sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, Souzan Allam, venue prier avec son mari et sa fille, décrit ce jour comme une "fête", quand Hamza al-Afghani, un jeune homme, parle lui d'une joie "indescriptible".

- "Grave danger" -

Dans un Liban en deuil, l'atmosphère est tout autre. A Beyrouth, des secouristes fouillent toujours les décombres à la recherche de victimes des frappes menées simultanément par Israël sur plusieurs régions libanaises mercredi.

La fumée d'une frappe aérienne israélienne menée la veille, sur la ville côtière de Tur, le 9 avril 2026 dans le sud du Liban ( AFP / Kawnat HAJU )

La fumée d'une frappe aérienne israélienne menée la veille, sur la ville côtière de Tur, le 9 avril 2026 dans le sud du Liban ( AFP / Kawnat HAJU )

Ces attaques font peser un "grave danger sur le cessez-le-feu et les efforts menés en faveur d'une paix durable", a souligné le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, à la veille de négociations prévues entre Iraniens et Américains au Pakistan.

Après Paris et Londres, la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas a martelé que la trêve de deux semaines convenue entre Washington et Téhéran devait "inclure le Liban".

Ce pays "ne doit pas être la victime expiatoire d'un gouvernement (israélien, NDLR) contrarié parce qu'un cessez-le-feu a été trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran", a estimé le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot.

Israël a présenté cette opération comme sa "plus grande frappe coordonnée" contre le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah depuis le début de la guerre.

- Plus de 200 morts -

Ces frappes, en particulier celles menées sans avertissement sur des zones résidentielles au coeur de Beyrouth, ont fait plus de 200 morts et un millier de blessés, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé.

L'armée israélienne indique avoir notamment tué le secrétaire du chef du Hezbollah, Naïm Qassem.

Et elle a poursuivi jeudi ses frappes sur le sud du pays, faisant au moins cinq morts, d'après les autorités libanaises.

Le Hezbollah, qui n'avait plus revendiqué d'attaque contre Israël depuis le début de la trêve, a annoncé de son côté avoir répliqué par des roquettes sur Manara, une localité israélienne bordant le Liban.

Ces "violations sapent l'esprit du processus de paix", avait déploré mercredi le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans le conflit au Moyen-Orient, pour qui la trêve s'applique "partout, y compris au Liban". Ce que démentent Israël et Washington.

"Si l'Iran veut que cette négociation capote à cause" du Liban "qui n'a rien à voir avec eux, et dont les Etats-Unis n'ont jamais dit qu'il faisait partie du cessez-le-feu, c'est leur choix", a lancé le vice-président américain JD Vance.

Mais pour Téhéran, ce cessez-le-feu au Liban est une "conditions essentielles" de la trêve.

- Pourparlers attendus au Pakistan -

Des différends qui seront au coeur des discussions prévues dans les prochains jours au Pakistan, avec JD Vance à la tête de la délégation américaine.

D'ici là, Donald Trump a maintenu la pression en martelant sur Truth Social que ses troupes resteraient déployées à proximité de l'Iran jusqu'à un "réel accord", avertissant que dans le cas contraire, cela "tirera plus fort que ce que personne n'a jamais vu".

Une femme passe devant une fresque murale anti-américaine et anti-israélienne, à Téhéran, le 8 avril 2026 ( AFP / ATTA KENARE )

Une femme passe devant une fresque murale anti-américaine et anti-israélienne, à Téhéran, le 8 avril 2026 ( AFP / ATTA KENARE )

Autre divergence à même de fragiliser la trêve, un haut responsable de la Maison Blanche a assuré qu'un plan en dix points diffusé publiquement par l'Iran n'était pas le document servant de base aux négociations.

Le président américain, qui avait auparavant menacé d'anéantir "la civilisation iranienne", s'est dit prêt à "discuter" de "la levée (...) des sanctions" asphyxiant l'économie de l'Iran, mais a assuré qu'il n'y aurait "aucun enrichissement d'uranium", une ligne rouge pour l'Iran.

Et Israël a prévenu: le cessez-le-feu "n'est pas la fin de la campagne" contre l'Iran, selon le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

- Incertitudes sur Ormuz -

La situation reste par ailleurs confuse autour du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique quasi fermée par l'Iran depuis le début de la guerre et dont la réouverture était une condition du cessez-le-feu.

Schéma explicatif des différents types de mines navales, que les États-Unis ont accusé l’Iran d'utiliser dans le détroit d’Ormuz, une affirmation démentie par Téhéran, qui a utilisé cette stratégie à grande échelle lors de sa guerre contre l’Irak dans les années 1980 ( AFP / Sabrina BLANCHARD )

Schéma explicatif des différents types de mines navales, que les États-Unis ont accusé l’Iran d'utiliser dans le détroit d’Ormuz, une affirmation démentie par Téhéran, qui a utilisé cette stratégie à grande échelle lors de sa guerre contre l’Irak dans les années 1980 ( AFP / Sabrina BLANCHARD )

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé jeudi que les navires devaient emprunter deux tracés proches des côtes iraniennes, selon eux pour éviter des mines.

Paris a estimé qu'il serait "illégal" d'instaurer un péage dans ce goulet en eaux internationales.

eu avant, la porte-parole de la Maison Blanche avait averti qu'il serait "inacceptable" que l'Iran bloque à nouveau le détroit, après qu'un média iranien a annoncé sa fermeture, pas confirmée par les autorités.

Mercredi, quelques navires ont franchi le détroit par lequel transite habituellement 20% de la consommation mondiale d'hydrocarbures.

Sur les marchés, la bouffée d'espoir qui avait accompagné l'annonce d'une trêve n'a pas duré. Les prix du pétrole remontaient d'environ 2% jeudi matin, toujours en-dessous de 100 dollars le baril, après avoir chuté d'environ 15% mercredi.

86 commentaires

  • 12:49

    Jamais les Américains n'oseraient s'opposer à Israël et surtout à ses lobbies omniprésents dans tous les postes clés aux États-Unis


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